Louis Blancard, mécanicien outilleur en moules métalliques
  • Louis BLANCARD †
  • Mécanicien outilleur en moules métalliques
  • 1968 - XIIe concours
  • Meyzieu
Oraison funèbre

Chère famille, chers amis,

Les Meilleurs Ouvriers de France sont aujourd’hui réunis autour de Louis pour vous dire toute l’amitié, tout le respect, mais surtout toute l’estime et la reconnaissance qu’ils lui portaient, et lui porteront longtemps encore…

Les MOF ont le culte de la mémoire, à plus forte raison quand il s’agit d’une personne qui a marqué de son empreinte la vie de son association. Dans ce domaine, comme dans bien d’autres, le parcours de notre ami Louis fut exemplaire. Suivant l’usage établi (lourde et pénible tâche), il est dans mes attributions de vous retracer aujourd’hui en quelques lignes ce dernier.

Louis est né à Lyon et bien qu’entrant en apprentissage de « facteurs d’orgues », il rejoint la métallerie, comme deux générations avant lui. Il se perfectionne au métier dans les ateliers Delle Alsthom, et y découvre l’excellence. En 1956, il rejoint l’atelier de son père en donnant une nouvelle impulsion à l’entreprise, mettant en application ses connaissances pointues dans la réalisation de moules par injection. L’entreprise alors se diversifie dans ses productions, de la jante de roue… aux pièces destinées au métro de Lyon ou celui de Mexico.

En 1968, il obtient le titre « Un des Meilleurs Ouvriers de France » en réalisant une pièce de haute qualité, alliant innovation et maîtrise d’un savoir-faire remarquable. Il reçoit alors sa cravate des mains d’Edgar Faure, président de la République française.
L’entreprise familiale dans laquelle travaille également sa sœur et ses frères ne cesse de se développer induisant, succès oblige, une délocalisation sur Genas.

Parallèlement, les MOF sont toujours très présents dans le cœur de Louis. Il conduit à leur destinée en tant que président de la section du Rhône de 1998 à 2007, date à laquelle il me transmet ses fonctions.
Il occupe aussi les postes de président de Région et de Grande région, siégeant au conseil d’administration de la Société nationale. Louis s’investit beaucoup pour le concours du Meilleur Apprenti qu’il lance avec Daniel Sannier : « Une jeunesse pleine de promesses », comme il lui plaisait à le souligner.
Il est nommé commissaire-adjoint de la XXIIIe Exposition nationale du travail qui se tient à Lyon en 2007 et, bien que malade, il ne compte pas sa peine pour conduire à la réussite de l’évènement.

Une vie, quand elle est donnée pour les autres, est toujours lumineuse.L. Blancard

Son excellent relationnel et son approche fédératrice des dossiers conduisent naturellement à rendre la section du Rhône l’une des plus dynamiques de France : un exemple, une référence.

Pour son engagement sans faille au niveau de la profession, pour son parcours brillant, pour son implication bénévole, la République française décerne à Louis l’Ordre national du Mérite en 2008, distinction remise sur 2009, devant un parterre conquis à l’homme simple, discret mais remarquable qu’il fût.

Comme il aimait à le faire, nous associons aujourd’hui à nos pensées son épouse attentionnée Jeannine à qui il vouait un amour fusionnel et une admiration sans faille, mais également toute sa famille, ses trois filles, ses cinq petits-enfants – ses cinq « gones ».

Cher Louis, toi qui a si souvent mis les autres dans la lumière en restant dans l’ombre, il n’est que juste retour des choses que soient saluées les qualités humaines et professionnelles dont tu as fais preuve, en tant que chef de famille, en tant que dirigeant, et dans tes activités bénévoles. Tu as distillé le bonheur autour de toi, conjugué le verbe « aimer » à tous les temps : sois maintenant en paix dans ta nouvelle demeure.

– Christian Janier

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