Restauration lustre Eglise Saint Irénée Lyon
Restauration lustre Eglise Saint-Iréné à Lyon.

Le métier de bronzier d’art et d’orfèvre

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Les spécialités des métiers du bronze d’art et de l’orfèvrerie font partie des 217 activités répertoriées, par Arrêté du 15 décembre 2003, dans la liste officielle des métiers de l’artisanat d’art (métiers liés à la création, métiers liés à la restauration du patrimoine, métiers de tradition).

Ces activités consistent à la création, la conception, la réalisation, la transformation et/ou la restauration d’objets d’arts métalliques, décoratifs et/ou utilitaires, destinés à la décoration intérieure de l’habitat, de lieux privés et de lieux publiques. A l’origine, de nombreux bronziers, « les vert de gris », étaient fabricants de luminaires de style (Louis XIV, Louis XV, Louis XVI et Empire), puis en fonction de l’évolution des demandes de la clientèle, des modes, de l’apparition de nouveaux métaux et alliages dans la décoration intérieure (aciers inoxydables, aluminiums,…), cette activité s’est naturellement diversifiée dans la réalisation sur mesure d’objets de décoration : luminaire contemporain, agencement, mobilier, orfèvrerie, art de la table, serrurerie décorative, bronze d’ameublement, art statuaire, art liturgique, soclage d’œuvres d’art, trophée… La demande de fabrication en luminaires de styles et en orfèvrerie s’étant raréfié, c’est la aussi dans le travail de la restauration, que le bronzier-orfèvre trouve encore aujourd’hui une belle part d’activité.

Le métier de bronzier d’art et d’orfèvre regroupe trois spécialités : le ciseleur, spécialité qui appose le décor, le « volume » sur le métal, le tourneur qui façonne à l’aide de son tour, toutes les pièces de révolution, et enfin le monteur qui gère la construction de l’objet, ses mises en forme et ses assemblages. De plus le bronzier et l’orfèvre travaille en très étroite collaboration avec les fondeurs d’art, les repousseurs sur métaux, les décolleteurs, les graveurs et les décorateurs sur métaux, voir le sculpteur sur bois pour la création de modèles.

Le bronzier-orfèvre et métallier d’art gère souvent aussi la création, la conception, la fabrication que la restauration. De nombreux métaux et alliages peuvent être travaillés : le laiton, le bronze, le cuivre, l’argent, l’étain, l’acier, l’acier inoxydable, l’aluminium, voire le régule… Ces objets métalliques peuvent être façonnés à partir de planches, de tubes, de barreaux, à partir de « tirages » fondus « au sable » ou fondus « à la cire perdue », ou bien à partir de pièces estampées ou matricées. Ils peuvent être transformés par cintrage, brasage, soudure, montage à vis, rivetage, en ce qui concerne la fabrication et décorés par polissage, vernissage, dépôt électrolytique ou patine en ce qui concerne les finitions… Doté de qualités telles que la vision en 3 dimensions, une bonne dextérité, la minutie, la délicatesse, la rigueur, le bronzier et l’orfèvre doivent avoir de solides connaissances en histoire de l’art et en dessin d’art, sans oublier des connaissances techniques (technologie et dessin technique) afin de faire face à une fabrication de qualité.

La formation des métiers du bronze d’art et de l’orfèvrerie (ciselure, monture et tournure) est actuellement assurée par quatre établissements au niveau national :

- Le Lycée Professionnel des Métiers de l’ameublement à Paris (CAP) : 28 rue Faidherbe – 75011 Paris
Le Lycée des Métiers des Arts du Métal Ferdinand Fillod à Saint Amour (CAP) : 1, rue Lamartine 39160 Saint-Amour
Le Lycée des Métiers d’Art Georges Guynemer à Uzés (CAP), Place de Verdun BP. 105 – 30701 Uzès
– et enfin l’Ecole Boulle à Paris pour la préparation à un DMA (Diplôme des Métiers d’Art) 9, rue Pierre Bourdan -75011 Paris.

Un BMA (Brevet des Métiers d’Art) devrait prochainement voir le jour !

La clientèle du bronzier et de l’orfèvre est très diversifiée : particuliers, antiquaires, ébénistes (et autres métiers d’art), décorateurs, architectes, designers, sculpteurs, entreprises, associations, administrations, ministères, palais, châteaux, monuments historiques, lieux de cultes…

L’avenir des métiers des arts du métal, malgré leurs spécificités, a encore un avenir prometteur : en effet, quelques jeunes choisissent par passion cette spécialité. Ils auront un rôle à jouer pour la faire perdurer et progresser le travail des métaux au service de la décoration, que ce soit en fabrication ou en restauration : déjà un certain nombre de jeunes sociétés ou d’ateliers travaillent dans cette optique.

Bernard FRIZZA

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